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    Vet'o micro

    Vet'o micro, c'est le podcast qui rend la parole aux vétérinaires et nous permet enfin de livrer notre propre regard sur la profession, même s’il diffère parfois de la version idéalisée bien ancrée dans l’imaginaire collectif. Vous entendrez ici à nos micros (Sophie Wilford et Marine Slove) des consœur.frère.s, praticien.nes ou non, se confier sur une tranche de leur existence et interroger leur quotidien professionnel. Nous avons voulu ici nous raconter tels que nous sommes, parler de notre rapport au métier bien sûr mais aussi et avant tout de notre rapport à la vie.
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    Episodes (93)

    Tribune - Marine Slove - Sans nous (les femmes), le monde vétérinaire s’arrête

    Tribune - Marine Slove - Sans nous (les femmes), le monde vétérinaire s’arrête

    À mes géniales collaboratrices, d’hier et d’aujourd’hui,

    Depuis dix ans, les femmes jalonnent ma vie professionnelle. " Travailler dans une équipe 100% féminine !  Dur… Ça ne se crêpe pas trop le chignon là-dedans ? ". Question courante... Intérieurement, je lève les yeux au ciel. Le sexisme intégré a encore de beaux jours devant lui. Extérieurement, je souris, j’inspire et je tente d’expliquer.


    Une féminisation massive et rapide 


    Le milieu professionnel dans lequel nous évoluons est fortement féminisé : les femmes représentent 96% des auxiliaires vétérinaires [1]  et 58,6% des praticien·es vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre et cette prédominance s’accentue parmi les moins de 40 ans où nos consœurs atteignent 74,8% des effectifs [2]. Dans l’écosystème de la santé animale au sens large, c’est-à-dire incluant l’industrie pharmaceutique et les petfooder (ou la presse professionnelle pour mon cas), nos interlocuteurs sont bien souvent des interlocutrices. En outre, la profession de vétérinaire, à l’instar des médecins, a connu une féminisation rapide : la première femme diplômée en France est sortie d’Alfort en 1897. Puis, les évènements de mai 68 ont donné une impulsion décisive à la lutte pour l'émancipation des femmes, permettant entre autres à la mixité de s’amorcer dans les professions intellectuelles supérieures habituellement réservées aux hommes. C’est ensuite dans les années 90 que le sex ratio s’est inversé et aujourd’hui, c’est plus de 75% de jeunes femmes qui occupent les bancs de nos écoles. 


    Le corollaire… 


    Les conséquences de cette féminisation massive et rapide ? Les (vieux) grincheux vous diront que nous les femmes, sommes responsables des changements dans les modalités d’exercice et des désertions du secteur libéral qui causent la pénurie de praticien·ne·s : " elles partent plus tôt le soir, prennent des journées enfant malade, veulent leurs mercredis, elles sont sans arrêt appelés par l’école et passent des coups de fil au pédiatre entre deux consultations " . Vision tronquée et inexacte qui ne prend pas en compte l’inscription d’une réalité dans un phénomène sociologique bien plus large. Il ne faut pas négliger la dangerosité de ces stéréotypes car ils légitiment les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, belles et bien présentes chez les vétérinaires.


    Être une femme et travailler 


    Pour s’extraire de ces préjugés intériorisés, il faut adresser plus largement le sujet, c’est-à-dire accepter de regarder la partie immergée de l’iceberg et se rendre compte que les femmes effectuent au quotidien, en parallèle de leur vie professionnelle, un travail colossal et invisible constitué non seulement de tâches concrètes mais aussi de travail émotionnel (qui se définit par l’investissement émotionnel qu’on met à se préoccuper des autres : la façon dont on les écoute et dont on s’adresse à eux). Travailler avec des femmes, c’est avant tout travailler avec des  " humains socialisés comme des femmes " , c’est-à-dire à qui on a appris à se soucier des autres, à être " gentilles ", à exprimer leurs émotions, à ne pas protester, à étouffer leur colère et à surtout ne pas trop en demander.


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    REDIFFUSION : Épisode #38 - Marie-Claude Bomsel : Itinéraire (extraordinaire) d’une guenon gâtée (Partie 2)

    REDIFFUSION : Épisode #38 - Marie-Claude Bomsel : Itinéraire (extraordinaire) d’une guenon gâtée (Partie 2)

    Marie-Claude Bomsel, vétérinaire extra-ordinaire (EnvA 1969) au 🎙 de Marine (Partie 2). 

    A la fin du dernier épisode, nous avions laissé Marie-Claude à la ménagerie et voici que nous la retrouvons en plein hiver 1973, ambassadrice du Président Pompidou au pied de la muraille de Chine. Décidément, Marie-Antoinette ne tient pas en place !

    En effet, elle fait partie de la délégation officielle chargée de convoyer le premier couple de pandas 🐼 offerts à la France par Mao. Vous vous doutez bien qu’avec Marie-Claude dans l’équipe, l’odyssée est loin d’avoir été un long fleuve tranquille 😉. Aucun avion n’ayant été spécialement affrété pour l’occasion et comme il n’était pas question de leur imposer le stress d’un voyage en soute, c’est donc tout naturellement qu’ils ont pris place dans le fond de la cabine d’un vol régulier Pékin-Paris ✈️. Outre la surprise de découvrir ces VIP (Very Important Pandas) très spéciaux, les autres passagers ont dû subir stoïquement les 15°C de la cabine 🥶 et les conséquences olfactives de leur menu 100% vegan à base de bambou. Autre surprise à l’arrivée, il ne s’agissait pas d’un couple mais bien de deux mâles (comme le suspectait Marie-Claude) dont un malade qui ne survivra d’ailleurs que quelques mois...

    De retour de son périple chinois, elle se prête au jeu médiatique, pas pour assouvir un besoin de notoriété mais plus pour répondre aux sollicitations et porter sur le devant de la scène les questions et les problématiques que génèrent la captivité. Elle multiplie les apparitions et les émissions 📺 (Les grosses têtes, C’est au programme, Tant qu’il y aura des bêtes ou encore Ushuaïa). La liberté de parole durant cette période de forte exposition médiatique a sans doute servi la cause qui est la sienne : améliorer les conditions de vie et les soins des animaux en captivité. Après de nombreuses expériences aussi intenses que variées, elle a finalement trouvé sa voie : elle veut faire entendre leur voix. 

    Ancrée dans sa plus tendre enfance, la communication avec les animaux a vraisemblablement constitué son fil d’Ariane tout au long de sa carrière. On ne peut d’ailleurs pas parler de son parcours sans évoquer les grands singes 🙈 et plus particulièrement Nénette, cette orang-outan aujourd’hui cinquantenaire, qu’elle a accompagnée depuis son arrivée à la ménagerie et avec qui elle a toujours un lien particulier. 

    Bien qu’elle ne reflète pas les valeurs traditionnelles de la société de l’époque, Marie-Claude incarne une femme déterminée et pleine d’audace qui nous offre un témoignage inspirant sur une période charnière dans l’histoire des vétérinaires. On ne peut nier son influence (sûrement inconsciente !) sur la féminisation et la « daktarisation » de la profession ! Directrice de la ménagerie, professeure au Museum national d’Histoire naturelle, vétérinaire ultramédiatisée… si elle fait l’éloge de la richesse de son métier de vétérinaire, elle porte un regard plus critique sur les perspectives à long terme. Solaire, incisive et drôle, elle nous livre une analyse sans concession sur son parcours de haut vol ; attachez vos ceintures et profitez du voyage, l’atterrissage 🛬 est prévu dans 1 h 23 !


    🔗 Liens de l'épisode :

    – Podcast La Série Documentaire : « Marie-Claude Bomsel : la lionne de la ménagerie » : 

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/marie-claude-bomsel-la-lionne-de-la-menagerie-2170465 

    – Jane Goodall : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Goodall 

    – Dian Fossey : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dian_Fossey 

    – Article de Germaine Aziz dans Libération (1996) : 

    https://www.liberation.fr/sciences/1996/03/26/depuis-plus-de-vingt-ans-marie-claude-bomsel-est-veterinaire-a-la-menagerie-du-jardin-des-plantes-po_164802/ 


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte :  Marine Slove - Enregistrement :  Marine Slove - Montage : Stéphanie Patiny - Texte du synopsis :  Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jon

    REDIFFUSION : Épisode #38 - Marie-Claude Bomsel : Itinéraire (extraordinaire) d’une guenon gâtée (Partie 1)

    REDIFFUSION : Épisode #38 - Marie-Claude Bomsel : Itinéraire (extraordinaire) d’une guenon gâtée (Partie 1)

    Marie-Claude Bomsel, vétérinaire extra-ordinaire (EnvA 1969) au 🎙 de Marine. 

    Si rien ne la prédestinait à devenir vétérinaire, son amour des animaux lui en a sans doute insufflé l’envie dès le plus jeune âge et son âme d’aventurière a fait le reste ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que son parcours professionnel atypique est digne d’un scénario d’Indiana Jones, véritable succession d’aventures palpitantes aux quatre coins du monde dont l’épicentre demeure la ménagerie du Jardin des plantes. Si beaucoup d’entre vous la connaissent déjà, elle nous livre ici des anecdotes truculentes sur les coulisses de sa trépidante carrière.

    Issue d’un milieu bourgeois versaillais, Marie-Claude grandit au Chesnay au milieu d’animaux en tous genres (corbeaux, chouette, hamsters…). Grâce à une figure maternelle anarchiste et féministe, elle s’autorise à penser que tout est possible en tant que fille, même si elle devra se battre pour obtenir ce qu’elle veut. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles elle a d’abord emprunté les sentiers battus, pour mieux en sortir ! Citadine éprise de nature 🌳, elle choisit vétérinaire par refuge alors même que ce métier jugé « salissant » (et donc inconvenant pour une jeune fille de bonne famille) lui est vivement déconseillé !

    Quand elle intègre l’ENVA en 1965, elles ne sont que douze filles dans sa promo, ce qui lui semble déjà beaucoup pour l’époque. Apolitique à son entrée à l’école, elle s’intéresse néanmoins aux débats animés suscités par Mai 68 et se retrouve à battre le pavé et à importer les revendications de la Sorbonne dans l’enceinte même d’Alfort. Au cours de son cursus, elle découvre d’abord la rurale 🐮 à Montmirail (telle Marie-Antoinette aux champs), puis la canine 🐩 auprès d’une clientèle versaillaise dont elle ne partage pas les préoccupations. Fraichement diplômée, elle s’envole avec son futur mari (et néanmoins confrère) pour Calcutta en 1969. Ils passent ainsi plusieurs mois en Inde en pleine période hippie puis elle découvre la République de Centrafrique de Bokassa après un stage au zoo de Vincennes 🐅, avant de rejoindre l’Indonésie où elle est frappée par la beauté inimitable de Dame Nature. 

    A son retour, on lui propose un poste d’assistant à la ménagerie qu’elle accepte, bien que le salaire soit très en deçà de la rémunération des vétérinaires en clientèle. Elle est immédiatement séduite par ce lieu aux airs de Petit Trianon : Marie-Antoinette a enfin trouvé son hameau et y pose ses malles ! Celle qui allie la crinière du lion 🦁 au tempérament de lionne découvre la vie et les besoins des animaux en captivité et défriche le terrain notamment en matière d’anesthésie car les publications sont quasi-inexistantes. Pionnière dans ce domaine, elle initie donc un cycle de congrès sous l’égide de l’Allemagne de l’Est, mettant ainsi à profit ses connaissances géopolitiques. Si la ménagerie constitue son quartier général, elle n’en devient pas sédentaire pour autant et va continuer à sillonner la planète et les plateaux de tournage à des fins médiatiques et diplomatiques, toujours au service de l’amélioration des conditions de vie des animaux en captivité. 

    → Nous retrouverons la suite des aventures trépidantes de Marie-Claude dès la semaine prochaine, dans l’épisode 2. Ne ratez pas le vol ✈️, prochaine escale : l’Empire du milieu 🐉!


    🔗 Liens de l'épisode :

    – Marie-Claude Bomsel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Claude_Bomsel 

    – Nénette : https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9nette_(orang-outan) 


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte :  Marine Slove - Enregistrement :  Marine Slove - Montage : Stéphanie Patiny - Texte du synopsis :  Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jon

    Épisode #66 - Erwann Créac’h : Véto Urg’artiste

    Épisode #66 - Erwann Créac’h : Véto Urg’artiste

    Erwann Créac’h, vétérinaire urgentiste et artiste (Oniris-ENVN, 1995) au 🎤de Sophie.

    Peut-on devenir vétérinaire par hasard ? Apparemment oui car Erwann avait tout envisagé ou presque à part vétérinaire ! L’année du bac, il a d’ailleurs changé d’orientation tous les mois, au gré de la poésie des intitulés : droit, commerce, diplomatie, ingénieur des eaux et forêts… Grâce à un dossier envoyé au dernier moment sans conviction, il accède à la prépa véto.

    Elève consciencieux, il intègre l’école de Nantes mais la satisfaction est de courte durée. Quand il découvre les TP en 2ème année, il prend conscience de ce qu’implique réellement son choix. Comme il n’a aucun autre projet, il ne peut se payer le luxe d’abandonner le cursus vétérinaire 🩺. Après quelques années de figuration, il passe le concours de vétérinaire inspecteur et part à Lyon puis à Bruxelles pour son Service civil. Rédiger des comptes-rendus pour le Comité Vétérinaire Permanent de la Commission Européenne lui permet de découvrir un univers passionnant, surtout dans le contexte tendu de la crise de la vache folle.

    Son 1er poste le conduit en Bretagne, à la DSV des Côtes-d’Armor. Malgré la richesse des opportunités de carrière, Erwann ne parvient pas à se projeter. Sur un coup de tête il solde ses congés et part en Indonésie. Le détour par Bali lui insuffle une inconsciente insouciance et à son retour il décide d’explorer de nouvelles pistes, pour laisser s’exprimer son âme d’artiste. Après un court passage au Cours Florent, il expérimente la vie de troupe 🎭mais malgré l’excitation de ses débuts de comédien, ses économies fondent comme neige au soleil… La solution lui apparait alors, limpide : il est vétérinaire, et pas seulement sur un bout de papier ! Erwann fait alors plusieurs stages chez des copains parisiens et devient urgentiste à VetoAdom. En plus des considérations pratiques et de l’adrénaline, ce poste lui apporte la satisfaction d’être enfin à la hauteur de son diplôme, de faire quelque chose de concret, d’utile et de gratifiant 🐶🐱.

    C’est l’esprit libre qu’il peut alors se consacrer (à temps partiel 😉) à sa carrière artistique. Après une pièce de théâtre, il se lance dans l’aventure du 7ème art 🎥. Régisseur, assistant sur un long métrage, il cofonde même sa propre société de production. Autodidacte, il produit 2 films engagés, l’un tourné en Iran (Noces éphémères) et l’autre au Burkina-Faso (Paris mon paradis). Mais Erwann a aussi des choses à dire. Il prend donc la plume d’abord pour raconter son quotidien loufoque de vétérinaire urgentiste dans un livre 📖 (Carnivores domestiques) pour lequel il reçoit le Prix 30 millions d’amis des mains de Michel Houellebecq et ensuite pour un premier roman (La montée des marches) dont la sortie est malheureusement fortement impactée par le covid. Aujourd’hui il écrit ✍️ des chansons, explorant avec ses mots les relations homme-femme, tour à tour avec humour ou gravité.

    👉 Acteur, écrivain, metteur en scène, réalisateur, auteur, danseur… Si Erwann n’a pas eu la carrière d’astronaute dont il rêvait, la vie lui a quand même mis des étoiles plein les yeux 🤩!  Toutes ces expériences artistiques ont sans doute nourri le vétérinaire qu’il est devenu. Il estime d’ailleurs avoir plus de messages à recevoir qu’à délivrer. A l’approche de la cinquantaine, il lui semble primordial de rester au contact et à l’écoute 👂des jeunes générations. Pour ne pas rester en marge de la société, mais surtout pour s’imprégner de leurs influences inspirantes.


    🔗 Liens de l'épisode : 

    https://www.youtube.com/@ErwannCreach

    https://www.vetoadom.com/

    https://www.linkedin.com/in/erwann-cr%C3%A9ac-h-66a97261/

    – Livres : Carnivores domestiques et La montée des marches


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone


    Épisode #65 - Jennifer Blondeau : Véto grandeur Nature

    Épisode #65 - Jennifer Blondeau : Véto grandeur Nature

    Jennifer Blondeau, vétérinaire baroudeuse au milieu du bush (Liège, 2010) au 🎤 de Sophie.

    Ses premiers contacts avec les animaux ont lieu dans la ferme de ses grands-parents et tout de suite vétérinaire s’impose comme le seul choix professionnel possible. Pourtant, son amour pour les animaux sauvages se renforce avec « Le roi lion » et « Sauvez Willy » (des rèf qui parlent encore aux trentenaires 😉) et très vite Jennifer réalise qu’elle aimerait les approcher mais pas forcément au bloc, plutôt dans leur milieu naturel. Ethologue, biologiste… d’autres projets germent dans son esprit d’adolescente mais aucun n’est aussi tenace que son idée première. Elle quitte donc Marseille pour saisir l’opportunité vétérinaire belge 👩‍🎓!

    Pendant ses études, son père est muté en Afrique du sud, ce qui lui permet de découvrir le pays. Devenir spécialiste de la faune sauvage serait-il LE bon plan pour concilier l’amour 😍 de ces grands espaces et son métier de vétérinaire ? Elle enchaine donc les stages dans cette optique, d’abord auprès d’un vétérinaire sud-africain puis dans deux parcs zoologiques en France et aux Etats-Unis. Ces expériences ont nourri sa fascination d’approcher de tels animaux mais ont également suscité un questionnement sur leur captivité. Si elles ont aboli la distance, elles ne lui ont pas permis de trouver du sens car ce que veut réellement Jennifer, c’est être utile aux animaux sauvages et les côtoyer dans leur habitat naturel.

    Après un an d’internat en canine 🐶 pour approfondir ses connaissances, elle retourne en Afrique du sud comme bénévole 📷 auprès d’une association. Une parenthèse enchantée de 5 mois au milieu du bush pour étudier la dynamique des populations d’éléphants 🐘 et favoriser une cohabitation pacifique de ces géants attachants avec les communautés locales vivant en bord de réserve. Mais ce bénévolat ne peut durer éternellement et le diplôme français n’étant pas reconnu en Afrique du sud, Jennifer doit choisir : soit passer l’examen 🎓 pour obtenir le droit d’exercer soit rentrer en France.

    Normandie, terre d’accueil : la voici donc de retour sur les terres familiales, laissant derrière elle avec regret éléphants, léopards 🐆 et autres merveilles de la brousse. Après 3 ans en canine, elle postule au CNITV et obtient un poste mixte incluant la gestion d’appels téléphoniques 📞, la formation d’étudiants et surtout la participation à un programme de réintroduction des vautours. Son intérêt pour la formation et la transmission la conduit à répondre à une annonce de formatrice pour les ASV à Aix-en-provence. Son poste de chef de projet en e-learning la passionne et lui permet de faire des voyages réguliers en Afrique du sud.

    Et un jour, il faut prendre une décision. On lui propose un poste permanent sur place @elephantsalive. Va-t-elle enfin sauter le pas ? Ecouter ses envies plutôt que ses angoisses ? Choisir la vie sauvage qui la fascine et délaisser la pratique ? Parvenir à assumer qu’elle est et sera toujours vétérinaire 🩺, même si elle n’exerce pas dans une clinique ? C’est ce que vous découvrirez en écoutant son récit passionné qui fera sans doute écho à bon nombre d’entre nous 😉

    👉Qui n’a jamais rêvé de soigner un lion 🦁 ou d’approcher une girafe 🦒 ? Qui n’a jamais ne serait-ce qu’imaginer toucher un éléphant ou un rhinocéros ? Et pourtant on ne passe pas si facilement du rêve à la réalité. Il ne suffit pas de croire en ses rêves, il faut savoir saisir sa chance et même parfois la provoquer ! Jennifer est sûre d’une chose, c’est que pour ne pas avoir de regrets il faut agir et ne pas s’empêcher soi-même. La route est belle, même si elle est sinueuse… et surtout quand elle traverse la brousse !


    🔗 Lien de l'épisode : 

    https://elephantsalive.org/


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    Épisode #64 - Pol Grosfilley : Des ordonnances à la finance

    Épisode #64 - Pol Grosfilley : Des ordonnances à la finance

    Pol Grosfilley, vétérinaire en école de commerce (Oniris-Ecole vétérinaire de Nantes, 2022) au 🎤 de Marine.

    Dans un monde idéal, il aurait été cavalier professionnel. Mais pour concilier ses envies, sa passion et les attentes familiales, Pol est devenu vétérinaire🩺. Après 3 années de prépa dont il garde d’excellents souvenirs (il a même réussi à continuer à monter à cheval !), il intègre l’école de Nantes. L’angoisse qui le saisit à l’annonce des résultats (pourtant positifs) va le tenailler plusieurs mois après la rentrée. Un sentiment de vide qui pourrait être un simple contrecoup ou un début de burn-out. Il doit son salut à ses parents qui avaient négocié un cheval en cas de réussite au concours et qui ont honoré cette promesse dès la première année.

    S’il fait partie des générations d’étudiants malmenés par la pandémie, il est cependant assez privilégié. Le Covid en 3ème année est un moindre mal 🥳 car la vie en coloc dans une maison avec jardin permet de prendre les choses plus sereinement et de moins ressentir la solitude. A cette époque, le chemin semble tout tracé : Pol va exercer en équine🐴, nul besoin d’anticiper ou de se projeter. Pourtant, le stage de 5ème année suscite de nombreuses interrogations. Le rythme intense et le contexte complexe posent question : est-ce que la vie de ces praticiens équins lui fait vraiment envie ? Finalement pas tant que ça… il réalise qu’il ne veut pas d’une vie 100% cheval et que le côté sportif prime sur l’aspect médical. Le besoin de variété 🌏 est le plus fort, même s’il doit affirmer ce choix et faire valoir ce changement d’orientation.

    Influencé plus ou moins consciemment par le double cursus maternel (médecine + école de commerce), il interrompt ses démarches de recherche d’internat et intègre l’EM Lyon pour deux années de Master. Là encore, il décide de tracer son propre chemin et prend une année de césure. Mû par une envie de comprendre le système de l’intérieur, il effectue un premier stage en banque d’affaires 💵 et un second dans un groupement de cliniques afin d’acquérir de nouvelles compétences pour construire son futur projet vétérinaire. Pourtant Pol n’a pas complètement renoncé à ses premières amours puisqu’il est encore vétérinaire réserviste pour une antenne militaire de plus de 200 chevaux 🐴. Ce soutien ponctuel (de 3 à 90 jours par an) apporté aux vétérinaires titulaires est fonction de l’adéquation entre leurs besoins et les disponibilités de Pol mais cela lui permet tout de même de garder un pied dans la pratique !

    👉Toujours en quête de diversité et de nouveauté, Pol chasse l’ennui de la routine, même pendant ses vacances ! En partant avec l’association Objectif Science International, il contribue à faire avancer des projets scientifiques d’envergure tout en découvrant la faune et la flore de destinations qui font rêver : le Kirghizstan à cheval à la recherche de la panthère des neiges🐆, l’étude du comportement des dauphins 🐬au large de Tahiti… En refusant de choisir une seule et unique voie, Pol a l’agréable sensation de ne devoir renoncer à rien et ça lui va bien !


    🔗 Liens de l'épisode : 

    https://em-lyon.com/

    https://www.vacances-scientifiques.com/


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    Épisode #63 - Jean-Michel Denis : La force du destin

    Épisode #63 - Jean-Michel Denis : La force du destin

    Jean-Michel Denis, vétérinaire insulaire (ENVT, 1995) au 🎤de Sophie.

    Si Jean-Michel n’a pas de souvenir précis sur l’origine de sa vocation, peut-être est-ce parce qu’il est né avec ? Car s’il a testé de nombreux sports, essayé différents instruments, la volonté de devenir vétérinaire 🩺 fut sans doute la seule constante de sa vie d’enfant et d’adolescent. Malgré un parcours scolaire plus que chaotique, il a toujours réussi à tirer son épingle du jeu, parfois au dernier moment et grâce à de petits coups de pouce du destin. Pour celui qui a obtenu son bac au rattrapage et qui n’avait aucune prédisposition pour les maths et la physique, la prépa ne représentait pas une marche à gravir mais bien l’Everest 🏔 à escalader ! Et pourtant il intègre Toulouse et fait enfin ce qui l’intéresse vraiment. Il parvient même à redoubler sa 2ème année et partir en Erasmus à Barcelone !

    Pour cet enfant fasciné par le vivant, qui offrait une sépulture aux fourmis, il n’est pas étonnant que le parcours professionnel commence en Guyane, sur une île 🏝 à la biodiversité menacée. La criminalité grandissante le contraint néanmoins à rentrer en métropole, mais accompagné de l’infirmière de la base scientifique où il travaillait ! En 2001, après 3 ans dans les Landes, l’isolement étant trop difficile à vivre pour sa femme, ils saisissent l’opportunité d’aller travailler à La Réunion. Ce qui devait être un interlude d’un an s’est rapidement transformé en projet de vie. Bovins🐮, chevaux🐴, serpents venimeux 🐍et même crocodiles🐊, rien ne fait peur à Jean-Michel qui possède une véritable connexion avec l’ensemble du règne animal.

    Associé au bout de 3 ans, il contribue à faire évoluer la structure qui l’a accueilli, en un groupe très dynamique de 6 cliniques 🤩. Dans ce nouveau modèle, le point fort est la mise en réseau des compétences et du matériel. Les 6 associés n’hésitent pas à faire appel à des coachs en entreprise pour optimiser leur fonctionnement d’équipe et reviennent se former en métropole à tour de rôle pour pouvoir ensuite mutualiser les nouvelles compétences acquises. Après les ressources humaines, les recouvrements et les contentieux, les enjeux de Jean-Michel pour 2024 concernent davantage la communication : passer du savoir-faire au faire savoir.

    Sans oublier les objectifs sportifs car Jean-Michel pratique la Force Athlétique 🏋️en compétition et prépare les championnats du monde en octobre prochain. Et avec succès car après seulement 6 années d’entrainement et malgré une spondylarthrite ankylosante invalidante, il est double champion de France et médaillé de bronze 🥉aux championnats d’Europe de 2021. Cette discipline de force s’apparente à l’haltérophilie, avec des mouvements moins techniques mais des charges plus lourdes. En plus de toutes les autres vertus de ce sport, c’est surtout le meilleur moyen pour Jean-Michel de faire taire son mental🧠, ce qui n’est pas chose aisée !

    👉Sportif accompli certes, mais qui pratique aussi bien le développé couché que « l’art du doute ». Fervent adepte de la zététique, Jean-Michel prône la nécessité de douter de tout, par principe. Loin de nier l’évolution des connaissances et l’importance des données théoriques (il a d’ailleurs un CES d’hémto-bioch), il insiste quand même sur l’intérêt de parvenir à faire une synthèse entre théorie et pratique car l’expérience clinique est un bagage à porter avec fierté. Et bien qu’il pratique une discipline de force avec son corps, son esprit est dans l’accueil car dans les relations humaines, « l’écoute est bien plus bénéfique que l’affrontement ».


    🔗 Liens de l'épisode : 

    https://www.soveto.fr/

    https://www.facebook.com/lafournaiselifter/?locale=fr_FR


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone


    Épisode #62 - Mihaï Guzu : Les dents du bonheur

    Épisode #62 - Mihaï Guzu : Les dents du bonheur

    Mihaï Guzu, vétérinaire stomatologue (Liège, 2013) au 🎤 de Sophie.

    Il est l’un des 5 vétérinaires français diplômés de l’EVDC et pourtant Mihaï aurait dû être ingénieur. Le destin s’est sans doute joué dans l’enfance pour ce jeune roumain dont la famille a traversé une partie de l’Europe pour trouver refuge à Bourges. Confronté à l’impuissance 🤔d’une équipe médicale démunie devant la tumeur de la mâchoire dont souffre son chat😿, il rêve de pouvoir faire plus. Pourtant il entreprend des études d’ingénieur. C’est un livre qui va le ramener sur sa trajectoire, dans sa quête de sens, vers un métier plus grand, qui lui permet aujourd’hui de réaliser son souhait d’enfant : restaurer le confort des animaux qui souffrent en silence.

    S’il ne garde pas un souvenir impérissable de ses études à Liège, il s’implique quand même dans la vie associative. Il multiplie les stages à Advetia, quand ça n’était encore qu’une « petite » structure de référés et pas le CHV d’aujourd’hui. Après un internat à Alfort notamment pour combler quelques lacunes en médecine interne, Mihaï exerce deux ans en canine 🐶🐱. Rétrospectivement, il ne peut que constater l’avantage indéniable qu’a constitué ce bagage clinique avant de se lancer dans une spécialisation. Et il n‘a pas fait les choses à moitié : 3 DU et une résidence, what else ?!

    Paradoxalement, cette spécialité très développée en humaine, est peu représentée en médecine vétérinaire et semble souffrir d’un manque d’attractivité, couplé à un déficit de formation initiale. L’enseignement académique est plus poussé au Royaume-Uni ou en Belgique… Rien n’a entravé le parcours d’excellence 🎓 de Mihaï dont la récompense ultime reste la satisfaction des propriétaires. Son attrait pour la technicité du geste et sa soif de connaissances ont été comblés par cette discipline aussi passionnante que méconnue. Car, ne vous y trompez pas, la stomato va bien au-delà du combo détartrage-extraction dentaire ! Parodontologie, greffe osseuse, attelle interdentaire… c’est presque de la poésie quand il en parle 😉

    Comme on a pu l’entendre avec Alexis, la formation pratique varie beaucoup en fonction des espèces. Mihaï se cantonne donc aux carnivores domestiques, bien que cela lui ait ouvert les portes de la faune sauvage ; il est déjà intervenu sur une panthère🐆 et un rhinocéros🦏 ! Il apprécie d’ailleurs la liberté de travailler dans une grosse structure, pionnière dans le domaine et encore indépendante. Les chaines de cliniques représentent l’une des voies de développement de cette spécialité, à l’instar de ce qu’on observe dans d’autres pays. Comme toute nouveauté, il ne s’agit pas de la nier ou de la rejeter en bloc mais bien d’essayer d’en limiter les éventuelles dérives par un cadre règlementaire adapté. L’environnement sociétal évolue, les structures de soins doivent s’adapter aux nouvelles attentes, en gardant l’animal et ses besoins en matière de santé au cœur des préoccupations. Son conseil de spécialiste 🩺 : référer le plus tôt possible pour optimiser le parcours de soin et améliorer la satisfaction client !

    👉 Pour celui qui n’a jamais renié son côté artiste, le dessin a toujours été une échappatoire. Les dessins d’enfant ont laissé la place aux dessins techniques puis aux schémas d’anat ✍️ que Mihaï prend plaisir à partager dans des publications. Alors pour les jeunes diplômés avides de formation, il ne ménage pas ses encouragements : « allez au bout de vos envies, suivez les cursus de spécialisation même les moins répandus et surtout n’abandonnez pas trop vite ! ».


    🔗 Liens de l'épisode : 

    – Livre « Le puma blanc », Ronald Douglas Lawrence

    Épisode Alexis Leps #52

    https://www.advetia.fr/


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone

    Épisode #61 - Benjamin Dufour : Croc and roll

    Épisode #61 - Benjamin Dufour : Croc and roll

    Benjamin Dufour, vétérinaire rockeur entrepreneur (Liège, 2008) au 🎤 de Sophie.

    Vous brûlez de savoir comment jongler entre une activité de référés en orthopédie, une usine de petfood et la scène des plus grands festivals de rock 🎸? Benjamin vous confie ses petits secrets pour concilier les attentes d’une clientèle, de l’entreprise familiale et d’un public averti !

    Pour la majorité d’entre nous on parle de vocation, pour Benjamin il s’agit presque d’une illumination ! Comme sa passion survit aux tumultes de l’adolescence, il entreprend des études de vétérinaire 🩺 à Liège, tant pour le côté convivial 🥳que pour l’aspect pratique de pouvoir y réaliser l’ensemble de son cursus.

    Les premiers pas en clientèle se font en France, lors d’un rempla en zone frontalière. Mais il s’installe rapidement dans le cabinet de sa belle-mère et fait évoluer la structure. Après 5 ans de pratique, il décide d’arrêter la partie équine pour se laisser l’opportunité de développer sa vie de famille en parallèle de la canine. Après un CES d’orthopédie à l’ENVT, sa clientèle se compose désormais de cas référés.

    En 2013, il a un déclic grâce à une cliente historique qui lui demande des comptes sur l’alimentation de son animal. D’abord irrité de devoir se justifier à propos d’une situation sur laquelle il n’a pas d’emprise, Benjamin en profite pour remettre en question la gestion vétérinaire de l’alimentation de nos animaux de compagnie 🥦 et partir en quête d’une solution satisfaisante pour se « réapproprier » la légitimité en nutrition.

    Dans ce marché gigantesque et toujours attractif qu’est le petfood, le projet qu’il a en tête est de monter une start-up à petite échelle mais avec des velléités de « peser dans le game » ! Il veut mettre en avant une marque qui tienne compte des besoins de santé des animaux, tout en répondant aux enjeux économiques et écologiques d’aujourd’hui. Le challenge est double car il faut également fournir des infos de qualité pour répondre aux exigences des propriétaires souvent perdus dans la jungle des marques et des arguments marketing.

    C’est chose faite avec Sanalio, qui propose un aliment complémentaire (car il faut ajouter une source de protéines) pour chiens 🐶 sous la forme d’un muësli d’une quinzaine d’ingrédients. Cette ration complète et équilibrée une fois les protéines ajoutées 🥩 se veut adaptable en fonction des besoins des animaux et pratique pour les vétérinaires. Cette entreprise familiale possède sa propre ligne de production, pour une maitrise totale du process de fabrication. Même s’il n’est pas toujours facile de travailler avec ses proches, le soutien et la bienveillance qui cimentent leur (petite !) équipe leur permettent d’envisager à moyen terme des perspectives de développement géographique, avec une possible ouverture au marché européen.

    👉Perfectionniste dans son travail, Benjamin n’a pourtant jamais renié son côté artistique. Parfait exemple du fait que notre métier ne nous définit jamais complètement, à ses heures perdues (si si, il doit y en avoir quelques-unes !), il n’hésite pas à troquer sa blouse 🥼 pour son blouson de cuir et continue de se produire avec son groupe pour des concerts ou lors de festivals. Il a même partagé la scène avec TRUST ou encore Claudio Capéo. Pleinement épanoui, il semblerait bien que ce vétérinaire artiste ait trouvé sa recette du bonheur !


    🔗 Liens de l'épisode : 

    https://www.sanalio.bio/fr/

    https://www.totalfoutrock.be/


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone

    REDIFFUSION : Épisode #50 - Hackavet : les idées d'aujourd'hui font les solutions de demain

    REDIFFUSION : Épisode #50 - Hackavet : les idées d'aujourd'hui font les solutions de demain

    Maxime Lachérade et Louis Petton, étudiants vétérinaires et entrepreneurs (ENVA, 2024) au 🎤 de Marine.

    Un duo : une première dans Vet’o micro ! Maxime et Louis, étudiants en 5ème année, ont transposé avec brio le concept du Hackathon au milieu vétérinaire en fondant Hackavet, premier marathon de la réflexion 💭 pour étudiants destiné à faire émerger des solutions concrètes aux problématiques majeures de l’écosystème vétérinaire.

    À les écouter, on peut être sûr d’une chose : ils étaient faits pour se rencontrer ! Ils ont su exploiter leur complémentarité à bon escient, sans jalousie ni ego mal placé. Si leurs nombreux points communs les ont rapprochés, leur motivation a fait le reste. Ils intègrent l’ENVA en 2019 et s’impliquent avec ferveur dans la vie étudiante 🥳. Quand Maxime se découvre une passion pour l’évènementiel et prend des responsabilités au sein de la BnVA puis du Comité Accueil, Louis n’est pas en reste avec la présidence de la Junior Entreprise Provéto. Les apprentissages de cette expérience associative leur seront sans doute profitables dans leur futur professionnel. Ils les ont d’ores et déjà mis au service de leur association : Hackavet, avec en filigrane, l’envie de donner des clés 🗝 pour susciter et développer la fibre entrepreneuriale dès l’école vétérinaire.

    La genèse du projet remonte au constat alarmant fait à l’issue des résultats d’évaluation des enseignements : 1/3 de leur promo se sent mal… Devant ce mal-être ambiant, Maxime et Louis décident d’accompagner les étudiants par le biais d’un grand jeu concours 💡. De l’idée à la réalisation il faut quand même compter quelques mois ; soit le temps nécessaire pour préciser les contours du concept, réunir une équipe et fédérer tous les acteurs autour du projet. Car pas question d’être des électrons libres, ils veulent obtenir le soutien de l’ensemble de la profession. Grâce à leur ténacité et leur professionnalisme, l’ENVA met à leur disposition l’AGORA pour accueillir la première édition d’Hackavet. 

    Le temps d’un week-end, des équipes mixées de 5 participants d’horizons et de profils différents vont élaborer des solutions concrètes innovantes à des problématiques dans 3 domaines (Ecologie, Relations humaines, Technologie). Les étudiants, encadrés par des mentors vétérinaires et non-vétérinaires, ont donc 48h ⏳ pour exposer un projet construit. Alèses réutilisables, gestion du deuil, carnet de santé digitalisé… au-delà des vainqueurs 🏆 de chaque catégorie, de nombreux projets suscitent l’engouement de la communauté. Les retours sont unanimes et tous élogieux ! Cet élan de confraternité s’est révélé être un formidable vecteur de confiance pour tous ces étudiants en mal de reconnaissance et de légitimité. L’asso va rester aux mains d’étudiants, mais les co-fondateurs resteront très impliqués. Ils souhaitent d’ailleurs que les prochaines éditions soient plus cosmopolites (la première a rassemblé des étudiants de 10 ENV à travers l’Europe)

    👉L’entrée dans la vie active approche à grands pas et là encore Maxime et Louis partagent une vision commune de leur futur : l’envie d’entreprendre doit servir leur pratique et réciproquement. Curieux, polyvalents et dotés d’une forte conscience écolo, ces dignes représentants de la « Gen Z » n’envisagent pas le travail comme une fin en soi. L’essentiel, à la fin de la journée, c’est de pouvoir constater que leur travail a eu un impact positif sur leur entourage, leurs clients et sur l’ensemble de la société. Et pour cela, ils s’emploient dès à présent à faire évoluer l’écosystème vétérinaire 🩺, pour le bien de tous et par l’implication de chacun.


    🔗 Liens de l'épisode :

    The Myers-Briggs Company 

    Miro 

    Hackavet 

    Hackavet : d’une idée simple à un projet fou ! 

    Hackavet, l’hackathon vétérinaire… 


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    REDIFFUSION : Épisode #45 - Hélène Gateau : Vétérinaire saltimbanque

    REDIFFUSION : Épisode #45 - Hélène Gateau : Vétérinaire saltimbanque

    Hèlène Gateau, vétérinaire animatrice, chroniqueuse et écrivain (ENVN-Oniris, 2003) au 🎤 de Marine.

    La saison 2 ne pouvait pas mieux démarrer : notre première invitée n'est autre qu'une célébrité audiovisuelle ! La vie d’Hélène ressemble à un conte de fées 🧚‍♀️, comme si plusieurs d’entre elles s’étaient penchées sur son berceau ou qu’elle avait, par inadvertance, frotté la lampe d’Aladdin 🧞‍♂! Accordez-vous le temps d’une parenthèse dans son univers enchanté en écoutant les premiers chapitres de son histoire…


    Il était une fois 📖, une petite fille heureuse et insouciante. Son enfance à la campagne et sa forte attirance pour la faune sauvage ont déterminé son cursus scolaire, son talent et son travail ont fait le reste. Hélène intègre bizut et rejoint Nantes avec son meilleur ami. De cette période, elle nourrit quelques regrets, ceux d’avoir trop bien exploité le système de ronéos et de ne pas avoir pleinement profité de la qualité de la formation théorique dispensée à l’école.


    Pendant sa thèse, la rencontre avec Thierry Bedossa modifie ses plans ; elle abandonne l’idée de l’internat et reste travailler à Neuilly à ses côtés pendant 4 ans. Toujours à la recherche de variété pour tromper l’ennui, elle assure également une partie de la formation au GIPSA pendant 2 ans. Par la suite, c’est l’amour qui a souvent guidé ses choix ; elle s’adjuge même un Master marketing à l’ESCP pour impressionner son amoureux brésilien, peu convaincu par l’aura de son diplôme de vétérinaire. Forte de ses nouvelles compétences, elle rentre dans l’industrie pharma ; d’abord chez Nestlé puis chez Pfizer. Mais l’oiseau 🦜finit par quitter cette cage dorée et s’envoler vers de nouveaux horizons.


    Et la magie continue d’opérer car dans une ambiance de réveillon au coin du feu 🔥, Hélène décide de changer de cap et d’accepter d’animer une chronique quotidienne dans une émission TV itinérante à travers la France. Avec plus de 250 villes à son actif en 8 années de diffusion de « Midi en France », ses connaissances du terroir et du territoire français sont sans doute dignes du Routard 😉 Les projets s’enchainent : 45 numéros d’« Hélène et les animaux » sur France 5, une chronique radio sur RTL, une participation à « Ushuaïa TV, le mag » où elle reçoit en interview de nombreuses personnalités, véritables aventuriers de l’environnement. Et qui mieux que Sylvain Tesson, son dernier invité, pour préfacer son prochain livre ? Car oui, Hélène est aussi autrice, enfin "auteur" car elle n’est pas attachée à la féminisation systématique des titres.


    « Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien (et pas un enfant) » est son 6ème opus 📚. Cette exploration scientifico-sociologique du lien si particulier entre une personne et son animal est en quelque sorte une réinterprétation de la cellule familiale, une ode à l’Amour 💖 de l’autre (même s’il est d’une autre espèce !). Nul doute qu’avec un titre délibérément provocateur et un sujet aussi passionnant, il va dynamiser la prochaine rentrée littéraire. Il reste plein de chapitres à écrire à son histoire mais à la fin, vous vous en doutez, elle vécut heureuse et eut beaucoup…. de chiens 🐕!!


    Bien que son diplôme ne la définisse pas complètement et ait pu parfois être un frein à la réalisation de certains projets, Hélène sera toujours vétérinaire, dans un coin de sa tête. Si la formation est davantage un formatage, chacun est libre d’en livrer sa propre interprétation et celle d’Hélène est aussi exceptionnelle qu’inspirante. Loi de l’attraction ou super karma, elle mesure la chance 🍀 qu’elle a de vivre ses rêves, même s’ils ont parfois un léger goût d’insécurité !

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    - Tout sur votre chien (Albin Michel) 

    - Tout sur votre chat (Albin Michel) 


    Création : Marine Slove  - Production : TÉMAvet - Hôte : Marine Slove - Enregistrement : Marine Slove - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone 

    Épisode #60 - Anne-Lise Rousset : Vet’o sommet

    Épisode #60 - Anne-Lise Rousset : Vet’o sommet

    Anne-Lise Rousset, vétérinaire star de l’ultra-trail (ENVT, 2013) au 🎤 de Sophie.

    Connue et reconnue pour son record sur le GR20 moins d’un an après la naissance de son fils, Anne-Lise est une sportive accomplie qui n’a pas délaissé pour autant son métier de vétérinaire 🩺. Devenir athlète de haut niveau n’a jamais été une fin en soi et pourtant l’émotion est palpable quand elle repense au moment où elle a été appelée en équipe de France. Découvrez comment elle parvient à intégrer entrainement et échéances sportives dans son planning (bien rempli !) de véto mixte.

    Pour cette enfant de la campagne, soigner chevaux et bovins a toujours été une évidence. Et si Anne-Lise a conscience que son petit gabarit peut constituer une limite physique, elle n’a jamais rien laissé être un frein à sa vocation. Après une prépa à Clermont-Ferrand pendant laquelle elle doit mettre le sport entre parenthèses, elle intègre l’ENVT et son club « Raid ». C’est pendant ses études qu’elle est « découverte » par son futur entraineur (et mari !), Adrien.

    Malgré un investissement majeur et un entraînement intensif, toute carrière sportive est forcément circonscrite dans le temps… peu nombreux sont les sports que l’on peut pratiquer à un niveau professionnel après 40 ans. Tandis que d’autres vivent de leur sport grâce au sponsoring notamment, Anne-lise a toujours voulu conserver son métier de vétérinaire en plus de sa carrière de sportive ⚖️. Alors une semaine-type d’Anne-lise a des allures de parcours du combattant 😅: entrainements sur les pauses dèj et le WE, renforcement musculaire quotidien à la maison, repos sportif les jours de garde… Une rigueur quasi-militaire, même depuis l’arrivée de son fils il y a quelques mois. Son mari est un soutien de chaque instant car il est à la fois son entraineur, son community manager, son premier fan et son agent !

    Anne-lise n’a pas l’esprit de compétition dans le sang mais adore la convivialité que ce sport lui apporte. Pour cette timide décomplexée, le partage dans l’effort donne des ailes, permet de se transcender et décuple les émotions. Alors quand elle décide de se lancer le défi des 170km du GR20 corse, rien ne la fera reculer 🚫. Ni la distance inédite (elle n’a jamais fait plus de 100km), ni la maternité. Pari osé certes mais gagnant ! Il faut dire qu’elle a conservé une activité physique intense mais appropriée jusqu’au dernier mois et qu’elle a repris l’entrainement avant même la fin du traditionnel congé mat.

    Si Anne-Lise est une touche à tout passionnée de rurale 🐮, elle est néanmoins consciente de la complexité du métier de praticien aujourd’hui : exigences de la clientèle et exigences en tant qu’associée. Exposée au manque de bienveillance et au mécontentement parfois infondé des propriétaires, elle met d’ailleurs en lumière la nécessité pour les équipes soignantes de communiquer, de partager et de prendre du recul. Au travail comme à l’entrainement, il faut savoir raison garder pour ne pas s’épuiser !

    👉 Même si elle n’en fait pas état devant sa clientèle, tout a changé depuis la médiatisation de son record de Corse 🏆. Pourtant Anne-lise n’a pas changé d’état d’esprit car elle est intimement persuadée que les projets Pro sont toujours conciliables avec des objectifs sportifs s’il on s’en donne les moyens. Dans le sport, c’est toujours en CDD (Carrière à Durée Déterminée⏳) donc il faut en profiter au maximum, ne rien s’interdire, car le temps file... Pour celle pour qui abandonner n’est jamais une option, les objectifs et les investissements justifient d’aller au bout de soi-même : ne renoncer à rien est le seul moyen de ne pas avoir de regrets !

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    - Film "Ce qui compte"

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    Épisode #59 - Emmanuel Thebaud : Perceptions culturelles et sociétales du vétérinaire d’aujourd’hui

    Épisode #59 - Emmanuel Thebaud : Perceptions culturelles et sociétales du vétérinaire d’aujourd’hui

    Emmanuel Thébaud, vétérinaire collectionneur illustrateur (Nantes, 1997) au 🎤de Marine. 

    Le congrès Afvac 2023 vient de refermer ses portes et cette édition lilloise nous a réservé quelques (bonnes !) surprises. Parmi elles, une expo préparée avec ferveur par Emmanuel, qui nous a permis de découvrir ou redécouvrir 50 figures médiatiques et culturelles ayant façonné l’image des vétérinaires depuis 200 ans. Vaste sujet que la représentation culturelle et sociétale du vétérinaire 🥼 à travers les âges mais qui suscite aussi une vague de questionnement et d’introspection pour bon nombre d’entre nous. 

    S’il s’est longtemps raconté qu’il devait son diplôme de vétérinaire 🩺 à son travail et à un heureux hasard, en réalité sa fascination pour le monde animal est bien plus profonde et sûrement à l’origine, inconsciente, de sa vocation. 100% nantais, il y fait sa prépa puis intègre l’école véto et y travaille encore aujourd’hui, après quelques expériences professionnelles exotiques 🌞 (dans le Pas-de-Calais). L’ENV est d’ailleurs une période charnière, dans sa construction d’adulte mais aussi dans l’acquisition d’une méthodologie de travail et dans la genèse de liens amicaux forts. 

    Les premiers remplas 🐱🐶 génèrent tellement de stress malgré des employeurs rassurants et bienveillants qu’Emmanuel part au Tchad dans le cadre de son service militaire. Cette coopération dans laquelle les études terrain ont une place centrale, est une expérience qui le fait grandir et qui constitue une véritable prise de conscience quant aux contours de son avenir professionnel. Tour à tour vétérinaire vacataire aux abattoirs pendant 2 ans, éditeur délégué chez Vét’El 🐮 pendant 13 ans puis directeur commercial et marketing dans une centrale d’achats depuis 8 ans, la trajectoire d’Emmanuel est aussi atypique qu’inspirante. 

    Passionné de BD, illustrateur, collectionneur enthousiaste… il est intarissable sur les représentations culturelles du vétérinaire dans la société. Son analyse sur la façon dont les gens perçoivent la profession nous éclaire à plus d’un titre. La formation vétérinaire favorise une surexpression de notre côté « scientifique », au détriment de notre besoin primaire pas toujours conscient de soigner les animaux 🐴🐷🦜. Ce regard d’enfant enfoui plus ou moins profondément semble réémerger plus tard chez certains d’entre nous, aux vues de la hausse du nombre des parcours atypiques qui se ressemblent pourtant par leur diversité. À l’heure de cette prise de conscience, certains s’ouvrent et d’autres souffrent ; mais une chose est sûre c’est que ces changements endogènes et sociétaux ne laissent personne indifférent. 

    La culture de l’excellence 🥇prônée par le cursus vétérinaire français a sans doute été bénéfique pour tirer la profession vers le haut mais nous avons peut-être poussé le curseur un peu loin. Pour certains, les compétences recherchées et cultivées pendant les études 🧠 (mémoire, raisonnement, créativité) ne s’expriment pas forcément suffisamment dans la pratique. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles le ratio s’est inversé ces dernières années au profit des gens qui veulent faire autre chose que de la pratique, tout en restant à proximité immédiate de l’écosystème vétérinaire.

    👉 Malgré les problèmes d’effectifs, défendre la profession de praticien ne doit pas nous conduire à renier la richesse de ce qu’est la profession de vétérinaire au sens large. C’est pourquoi son message s’apparente à un hymne à la diversité : « Ô toi jeune diplômé, et toi aussi moins jeune vétérinaire, sache que même si tu n’es pas praticien, tu contribues à la richesse et à la diversité de la profession. Tu n’es pas là par hasard ; toi aussi tu es à ta place. »


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    http://www.veterinairesdunord.fr/  


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    Tribune - Marine Slove - Éloge de la désobéissance vétérinaire

    Tribune - Marine Slove - Éloge de la désobéissance vétérinaire

    Cette tribune m’est soufflée par les parcours et les réflexions des invité·e·s de Vet’o micro, qui sont pour moi une source d’inspiration inépuisable. Elle s’adresse aux vétérinaires qui doutent, qui dépriment, qui culpabilisent… Aux amoureux du monde animal, aux déçus de la profession, aux reconvertis, aux ambivalents, aux intellos, aux timides, aux désabusés. Et à ceux qui, comme moi, se plaisent à désobéir…  

     

    La loi du conformisme n’est pas toujours la meilleure... 

    Nous sommes formatés. D’abord par un système scolaire français qui, s’il a permis l’ascenseur social en d’autres temps, reste très normatif et valorise la soumission à la consigne. Ensuite par un cursus ultra-élitiste, celui des classes préparatoires, qui se solde par un concours très sélectif qui nous démontre que réussir se fait “en se conformant”. Enfin, par une formation rigoureuse en école vétérinaire qui nous exhorte à chaque instant à rentrer dans le rang. On nous apprend ainsi à penser et à agir peu ou prou de la même manière. Nous empruntons toujours les mêmes chemins intellectuels et nos neurones communiquent de manière si répétitive que nos synapses sont parfois gagnées par l’usure et l’ennui. Nous nous soumettons si fort au conformisme corporatiste que certains d’entre nous oublient même les valeurs fortes dans lesquelles ils se sont construits. C’est ce que nous explique Floriane (#22), dont la culture familiale avait fait naître une conscience environnementale qui s’est éteinte à son entrée en école vétérinaire, pour « rentrer dans le moule » comme elle dit. C’est aussi ce que nous dit Loïc Dombreval (#40)  : « Je me suis fait modeler l’esprit en perdant toute forme de recul sur la relation entre l’Homme et l’animal. » Nous avons tellement appris à obéir et à réussir dans la norme plutôt qu’à exprimer notre singularité que lorsque nous sortons de l’école, nous ne savons pas vraiment qui nous sommes. C’est là que le malaise s’installe…  

     

    Se fragmenter en son for intérieur 

    Les vétérinaires traversent une crise professionnelle sans précédent, en témoignent les nombreuses études et témoignages sur le sujet. Force est de constater que nous sommes globalement malheureux dans l’exercice de nos métiers, n’en déplaise au grand public. Ce malaise arrive de plus en plus précocement dans le cursus (Louis et Maxime #50 Cécile #36 ) et augmente insidieusement d’années en années après la sortie d’école. En arrivant dans la vraie vie, nous nous trouvons en effet confrontés à une réalité cruelle : l’image que nous avions projetée du métier ne correspond pas à sa réalité. Au début, nous essayons de trouver notre place du mieux que nous pouvons, parfois en luttant contre nous-mêmes. Il arrive même que nous acceptions de faire des choses qui nous dérangent car nous sentons bien qu’elles contreviennent à nos valeurs : euthanasies de convenance, abcès de fixation, céphalosporines de troisième génération en première intention… Petit à petit, insidieusement, nous nous distordons, nous nous fragmentons... Comment faire face à ce désalignement quand on ne sait pas qui on est vraiment, quand on a appris tout au long de sa formation à ignorer sa petite voix intérieure ? Par ailleurs, comment faire face à une confraternité défaillante quand on a justement intégré que si on se soumettait aux règles du groupe, tout irait bien ?   


    Lire la suite de cette tribune sur Témavet.fr 

    Épisode #58 - Isabelle Lussot-Kervern, Médecine intégrative : entre audace et conviction

    Épisode #58 - Isabelle Lussot-Kervern, Médecine intégrative : entre audace et conviction

    Isabelle Lussot-Kevern, vétérinaire à la fibre intégrative (Nantes, 1994) au 🎤 de Sophie

    Pour cette ado parisienne pure souche ayant dû négocier pour avoir un cochon d’Inde, la voie vétérinaire 🩺 ne coulait pas de source. Et pourtant… à l’heure des choix, ces études représentent la seule option acceptable pour répondre aux exigences scolaires familiales. Isabelle délaisse donc progressivement la compétition d’équitation 🐴 pour se consacrer au cursus exigeant de vétérinaire.

    Poussée par un environnement familial résolument tourné vers l’international 🌍, elle multiplie les expériences à l’étranger, que ce soit à l’université de Davis en Californie, à St Hyacinthe au Canada pour un internat ou encore au Royaume-Uni pour y travailler pendant plus de 3 ans. Isabelle incarne une véritable ouverture d’esprit et une grande curiosité de l’autre. C’est d’ailleurs ce qui la motive : aller à la rencontre d’autres cultures, d’autres façons de vivre, d’autres manières de travailler et de soigner ; plus que de viser l’excellence académique 👩‍🎓.

    Le retour en France se fait pour entreprendre un parcours de PMA avec davantage de sérénité. Après 3 ans comme praticienne hospitalière à l’ENV de Nantes, se pose à nouveau LA question incontournable pour une femme vétérinaire praticienne qui veut des enfants. Comment concilier vie pro et vie perso ⚖️ ? Autrement dit, comment trouver une manière de soigner les chevaux qui soit compatible avec sa vie de maman ? Grâce à des contacts avec des physiothérapeutes anglais, Isabelle décide de creuser dans cette voie et de se donner des clés 🗝 pour travailler autrement. Ostéopathie, acupuncture, rééducation fonctionnelle, phyto-aromathérapie 🌱: elle enchaine les formations et les diplômes. Toutes ces rencontres avec des gens passionnés et investis la nourrissent et l’incitent à dépasser l’approche thérapeutique mono-moléculaire pour adopter une approche plus globale.

    Médecines « douces », « alternatives », « complémentaires », « non conventionnelles »… les dénominations ne manquent pas mais Isabelle est à cheval 🐴 sur le sens des mots ! En effet, elle préfère la notion de complémentarité car il n’est pas question de renier sa formation médicale initiale ou de chercher systématiquement à remplacer les médicaments. Le terme le plus approprié serait sans doute celui de « médecine intégrative » car il retranscrit assez fidèlement les différentes notions qu’implique une telle approche globale. L’implication est d’ailleurs un trait de caractère dominant chez Isabelle. Présidente de la commission Médecines complémentaires et intégratives de l’AVEF, elle élabore un projet un peu fou 💡 de réseau transversal (AFVAC, AVEF et SNGTV) de phyto-aromathérapie 🌾 vétérinaire. Après 3 ans de travail collaboratif, le site du Répaas est en ligne en 2021 et a vocation à répondre à la fois à une forte demande terrain de données précises sur l’usage de plantes médicinales chez l’animal mais également à la nécessité d’identifier des alternatives aux antibiotiques 💊.

    👉 Parfaitement bilingue et férue de publications scientifiques ✍️, Isabelle illustre parfaitement la possibilité de réconcilier les différents aspects de la médecine vétérinaire pour soigner et apporter du mieux-être à chaque patient. La demande accrue des jeunes diplômés de travailler dans des structures de soin ouvertes à ce type d’approche est d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. Encore faudrait-il en proposer l’enseignement dans les ENV… Convaincue, convaincante et fédératrice, Isabelle compte sur la force du collectif pour faire évoluer la médecine vétérinaire de demain. En un mot, elle compte sur vous !


    🔗 Liens de l'épisode : 

    - https://avef.fr 

    - https://www.repaas.org 

    - https://avetao.com

    - Linkedin  


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone 

    Épisode #57 - Annabelle Orszag : Se nourrir de diversité

    Épisode #57 - Annabelle Orszag : Se nourrir de diversité

    Annabelle Orszag, rédactrice en chef et praticienne en médecines complémentaires (ENVT 2006), au 🎤 de Marine.

    A 6 ans, Annabelle voulait déjà soigner les chevaux. Pourtant bonne élève, elle ne s’épanouit pas en prépa, à tel point qu’elle fait le deuil du métier de vétérinaire avant même les résultats du concours et se rêve en grande reporter 🌍. Passé le petit moment de déception (incongru il faut l’admettre 😉) quand elle apprend qu’elle a réussi, Annabelle intègre l’école de Toulouse, pour le meilleur semble-t-il ! Puis, parasitée malgré elle par l’idée que l’équine n’est pas faite pour les filles 😠, elle complète ses études par un Master marketing et stratégie à Dauphine. 

    ➢ Puis, elle rejoint l’industrie pharmaceutique malgré une culpabilité omniprésente d’avoir pris une place au concours et de ne pas faire de pratique. Cette expérience variée et enrichissante de treize années lui permet de mobiliser ses connaissances et d’étancher sa soif d’apprendre. Mais un déménagement de l’entreprise qui augmente ses temps de trajet, associé à un passage en open space auront raison de sa santé. 

    ➢ Annabelle sent alors qu’il est temps de prendre un nouveau départ même si elle ne sait pas exactement vers quoi s’orienter. Alors, elle se laisse du temps et finit par écouter la petite voix intérieure qui lui dit qu’elle pourrait trouver un moyen de revenir à la pratique 🩺 autrement que par la médecine allopathique. C’est par le biais de formations en médecines manuelles : ostéo, physiothérapie, cinésiologie qu’elle renoue avec sa vocation initiale de vétérinaire et finalement, elle se met à son compte en 2021, dès qu’elle se sent à l’aise. Elle dit qu’on est meilleur véto quand on revient, car on l’a pleinement choisi 😊. Parallèlement à ça, elle accepte un poste de rédactrice en chef 🖊️ pour la revue Cheval Santé et intègre l’équipe de Témavet pour lancer les fiches cliniques Ronéos / Ronéaux’ en presse digitale (pour notre plus grand bonheur). Est-ce le rêve de grande reporter qui refait surface 😉? 

    ➢ Aujourd’hui, Annabelle considère que ses activités se nourrissent l’une l’autre et surtout la nourrissent, elle ! Pour elle, « il n’y a pas une seule bonne façon d’être vétérinaire », il y a plusieurs chemins qu’il ne faut pas voir comme des impasses ou des détours. Elle nous explique que cette richesse et cette diversité doivent nous enrichir et développer notre confraternité. D’ailleurs, pour Annabelle, c’est clair : l’inspiration vient des autres et c’est pour ça qu’elle adore écouter les parcours des consœur·frères sur le podcast 🥰!


    🔗 Liens de l'épisode

    Linkedin : https://www.linkedin.com/in/annabelle-orszag-7b260528/ 

    – Les Ronéos (lancement prévu courant décembre 2023).

    Newsletter : les Glorieuses 2023 : https://lesglorieuses.fr/6novembre11h25-cp-2023/ 

    – Article : « Égalité de salaires vétérinaires entre ♀︎ et ♂︎ : il y a encore du boulot ! »

    https://www.temavet.fr/presse-veterinaire/egalite-de-salaires-veterinaires-entre-et-il-y-encore-du-boulot-703482.php 


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Marine Slove - Enregistrement : Marine Slove - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Marine Slove - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone

    Épisode #56 - Yessenia Alves : Danse ta vie

    Épisode #56 - Yessenia Alves : Danse ta vie

    Yessenia Alves, vétérinaire danseuse cheffe d’entreprise (ENVA, 2011) au 🎤 de Sophie.

    Une fois n’est pas coutume, vétérinaire est une vocation tardive pour Yessenia qui se voyait médecin, dans l’unique but de venir en aide aux enfants qui souffrent. Issue d’une famille modeste dont les parents sont réfugiés politiques, elle cumule les petits boulots après le bac pour se payer ses études. Non prioritaire par rapport aux bacheliers de l’année, elle se voit refuser l’inscription en fac de médecine 💔. Elle entre alors en licence de bio pour essayer de passer quand même le concours d’entrée en médecine et en profite pour préparer aussi véto/agro. Elle réussit les 2 concours 🥳mais préfère la place en école véto 🩺 plutôt qu’un simple passeport pour la 1ère année de médecine. 

    Là encore son parcours est atypique car au lieu d’un premier poste ou d’un internat à la sortie de l’école, Yessenia préfère intégrer une prestigieuse école de danse 🩰. Mais elle ne tire pas un trait pour autant sur la pratique vétérinaire. Pendant 3 ans, sa vie est rythmée par les cours de danse la semaine, les gardes le WE et les remplacements pendant les vacances scolaires. Cet équilibre parfait entre corps💃 et intellect 🧠 lui procure force et plénitude, malgré l’intensité de ce quotidien hors norme. La danse lui permet de se ressourcer, d’évacuer son stress et de s’exprimer autrement. D’ailleurs elle a toujours su qu’elle ne serait pas « que » vétérinaire. 

    En 2018, elle devient maman et décide de partir à l’aventure, en famille. Tout comme son conjoint, elle quitte son travail, n’hésitant pas à sacrifier leur confort à la découverte. Sans itinéraire précis mais avec une (longue !) liste de destinations à visiter sur plusieurs continents 🌏 et la volonté de découvrir, d’échanger et de s’imprégner d’autres manières de vivre. En 2020, le Covid 😷 met un coup d’arrêt à cette frénésie de voyages. Qu’à cela ne tienne, Yessenia en profite pour poursuivre sa réflexion entrepreneuriale débutée 3 ans plus tôt. Vet’Eden voit le jour en 2021 et propose un accompagnement de fin de vie à domicile pour les animaux de compagnie 🐕🐈, grâce à une prise en charge globale de l’animal mais aussi de son entourage humain. Créée avec le cœur 🧡, cette entreprise répond à un besoin existant et identifié de longue date. Elle a d’ailleurs tout de suite rencontré ses clients, séduits par l’authenticité de la démarche et la qualité des services proposés. 

    Dans sa vie perso aussi, Yessenia est une femme de convictions. Elle choisit de faire l’école à la maison à sa fille pendant 2 ans, revendiquant l’instruction en famille comme un véritable acte militant de la défense des droits de l’enfant. Car elle est intimement convaincue de la nécessité de respecter leurs besoins physiologiques (notamment de sommeil) et leur rythme d’apprentissage. Loin de vouloir se marginaliser, elle souhaiterait que le système scolaire évolue pour laisser aux enfants la liberté d’être qui ils sont, sans être formatés trop tôt dans un schéma qui ne leur convient pas. 

    👉 C’est un double accouchement qui l’attend en 2024 😉 puisqu’elle va accueillir un deuxième enfant et publier un livre ✍️ sur l’accompagnement de la fin de vie. Aujourd’hui Yessenia se sent parfaitement à sa place, alignée. Mais pour cela, elle a osé changer quand c’était nécessaire, marcher en dehors des sentiers battus et s’affranchir du jugement des autres. Finalement sa réussite et son épanouissement illustrent bien le fait que lorsque l’on a confiance en la vie, elle nous offre de merveilleux cadeaux 🎁 🎁 🎁. 


    🔗 Liens de l'épisode

    Linkedin.com

    https://yesseniaal.wixsite.com/danse 

    https://www.veteden.fr/ 

    – Livre : « Les 5 regrets des personnes en fin de vie », Bronnie Ware

    Épisode #49 Céline Leheurteux 


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone

    Épisode #55 - Audrey Chevalier : Rien de moins grand que l’océan

    Épisode #55 - Audrey Chevalier : Rien de moins grand que l’océan

    Audrey Chevalier, vétérinaire halieute exaltée (Lyon VetAgro Sup, 2020) au 🎤 de Sophie.

    Fillette introvertie, Audrey était plus à l’aise avec les animaux qu’avec les gens… mais elle a bien changé, aujourd’hui comme un poisson 🐠dans l’eau lorsqu’elle doit prendre la parole à l’ONU ! 

    Son attrait pour la faune marine 🐟 date de son enfance insulaire à La Réunion. Dès la 2ème année d’école à Lyon, elle tente de concilier (réconcilier ?!) ses études de vétérinaire et sa volonté farouche d’œuvrer pour la protection des animaux marins. Mais ses notes ne lui permettent pas de partir en Erasmus et elle envisage alors sérieusement d’interrompre son cursus. Son directeur d’études lui tend la main au moment opportun et lui apporte le soutien nécessaire pour ne pas abandonner. Elle redouble son année mais avec seulement 2 matières à valider. Audrey met donc à profit cette année hybride pour retrouver la motivation : stage à l’Ifremer de La Réunion🤿, investissement associatif, inscription à Normale Sup… Les années se suivent et ne se ressemblent pas, un stage à la FAO par-ci, un master 2 d’ingénieur agronome spécialité Gestion des pêches⚓️ par-là 😉mais avec toujours la protection des espèces marines comme fil conducteur !

    C’est d’ailleurs un autre stage, à l’ONU, qui va lui permettre de prendre conscience de ses capacités et des opportunités qui existent dans son domaine de prédilection qu’on lui décrivait pourtant comme « saturé et sans perspectives ». Elle se découvre alors une grande facilité à prendre la parole en public et une soif d’apprendre décuplée par ces sujets qui la passionnent 😍. Stage et thèse sont impactés par le covid 😷 ; elle découvre l’échelle internationale depuis sa chambre, ce qui la frustre ! Audrey est incontestablement une femme de terrain. Pour garder un filet de sécurité, elle fait des gardes en canine 🐱🐶 mais pas de quoi la faire dévier de son cap et finalement c’est avec un certain soulagement qu’elle renonce à la pratique. 

    Audrey a plus d’une carte dans sa manche puisqu’elle se découvre la fibre entrepreneuriale pendant ses études. Elle crée C & Cie, un cabinet de conseil en gestion des littoraux, avec un co-promo de Rennes. Et les résultats sont au-delà de leurs espérances, tant en termes de visibilité que d’entrée dans la vie active. Coupée dans son élan vers le Pacifique par l’épidémie de covid, elle rejoint ses parents en Guyane et devient Responsable « Océans » au sein d’une ONG environnementale qui travaille main dans la main avec l’industrie de la pêche 🎣. Et clairement, c’est le job de ses rêves ! Avoir carte blanche pour monter des projets de protection de l’écosystème marin 🐢🐬et les mettre en place sur le terrain, que demander de plus ? Et tout ça avec la crédibilité et la légitimité que confère le Panda (WWF 😉). 

    Si Audrey mange du poisson et des produits de la mer 🦐🦀? Oui, mais durables. Elle a banni de nombreux produits de son alimentation (comme le saumon, le thon et les crevettes) mais s’approvisionne en poissons en circuit ultra-court (presqu’à la barque !). C’est un message qui lui tient à cœur de faire partager : raisonner la consommation de produits de la mer et limiter au maximum l’usage de plastique car cette pollution voyage partout, y compris dans l’océan 🌊.

    👉 Même si elle n’exerce pas, les compétences acquises pendant ses études lui servent au quotidien, tant la démarche diagnostique que la capacité d’analyse à différentes échelles. Véritable sésame, le diplôme de vétérinaire 🩺 est un passeport scientifique (amplement mérité !) qui ouvre des portes dans une multitude de domaines alors ne nous bridons pas, explorons le champ des possibles !


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    Épisode #54 - Océane Sorel : Chercheuse Insta -Gram+ -euse

    Épisode #54 - Océane Sorel : Chercheuse Insta -Gram+ -euse

    Océane Sorel, vétérinaire chercheuse Instagrameuse (Liège, 2011) au 🎤de Sophie.

    D’aussi loin qu’elle se souvienne, Océane a toujours voulu faire un métier en lien avec la biologie, mais surtout pas médecin ! Ça sera donc vétérinaire, en Belgique, et pas seulement pour les frites et les gaufres 🍟🧇. Six années incroyables placées sous le signe de l’amitié. Elle se réjouit d’ailleurs que les liens tissés pendant cette période soient indéfectibles, malgré le temps qui passe et la distance😉. Relativement indécise quant à la suite de son parcours professionnel une fois son diplôme en poche, c’est un stage au labo d’Immuno en dernière année qui va éclaircir son avenir. 

    En pratique, elle avait souvent l’impression qu’il lui manquait quelque chose, peut-être la pleine compréhension des mécanismes sous-jacents. Le système immunitaire l’ayant toujours fascinée, elle obtient une bourse très sélective pour faire une thèse au sein du département d’Immunologie-Virologie 🦠 à Liège. Ces 4 années de doctorat n’ont pas émoussé sa motivation, malgré les échecs et les remises en question qui jalonnent tout processus de recherche. L’obtention de son PhD en 2016 marque alors un nouveau départ, sur un autre continent !

    Une fois à Roissy-CDG 🛫 avec mari, enfant et animaux dans les valises, plus question de faire marche arrière. Océane poursuit son parcours avec un post-doc, passage obligé du cursus académique. Mais aux US, tout est différent et le dévouement à l’extrême (voire la dévotion !) est le seul moyen de réussir. Alors en 2019, 2 post-doc et 2 enfants plus tard, elle quitte la recherche pour le secteur privé et rejoint une biotech, toujours dans le domaine des maladies infectieuses. Ce nouveau poste aux Affaires médicales en full télétravail correspond davantage à ses aspirations de Docteure & Maman. 

    En 2020, en plein COVID, effarée par les réactions de dénigrement à l’encontre des vaccins 💉 même au sein des professionnels de santé, elle entreprend de rétablir un certain équilibre, d’abord en répondant aux nombreuses interrogations de ses amis français au sujet de la pandémie puis en étendant le concept à l’ensemble des maladies infectieuses. Avec « The french virologist », Océane démolit les fake news sur la santé 🩺, mais toujours avec humour. Son crédo ? Vulgariser la science de façon déjantée 🤪. Son compte Insta est suivi par près de 160 k followers. Si le fond reste sérieux, elle est persuadée que le gag est un excellent moyen mnémotechnique ! Ce parti-pris lui a d’ores et déjà ouvert d’autres portes, comme la collaboration avec d’éminentes institutions (Institut Pasteur, ANSM) ou encore la parution récente d’un livre. 

    👉 De passage à Paris ce mois-ci pour une conférence à l’Académie de médecine, Océane ne peut pas nier que la France lui manque parfois… souvent ; c’est la dure loi des expats, qui ont le courage de partir à l’aventure mais qui ratent mariages des amis et noëls 🎄en famille. Malgré les réussites professionnelles, le syndrome de l’imposteur subsiste ; ce sentiment contre lequel il faut sans cesse lutter pour parvenir à se convaincre que l’on est légitime, à sa place. Même si certaines remarques blessent et restent, même si d’autres s’appliquent à nous décourager, même si on finit par devenir son propre ennemi. Finalement, son conseil pour avoir une vie pro épanouie est emprunté à la sagesse toltèque : ne pas prendre les choses personnellement. Parfois plus facile à dire qu’à faire… 😉 


    🔗 Liens de l'épisode

    – Livre : « Virus, bactéries, microbes tout savoir pour y échapper »

    https://www.linkedin.com/in/oceanesorel/ 

    https://www.instagram.com/thefrenchvirologist/  


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    Épisode #53 - Guillaume Autissier : V.É.T.O Police Scientifique

    Épisode #53 - Guillaume Autissier : V.É.T.O Police Scientifique

    Guillaume Autissier, un vétérinaire à la PTS (Liège, 2008) au 🎤 de Sophie.

    Comparativement à l’astronomie, le métier de vétérinaire (même son image fantasmée !), parait plus accessible ; voir et soigner des animaux sympas tous les jours, que demander de mieux ?? Pour cela, Guillaume préfère prendre les chemins de traverse, passant par la Bio à Liège puis l’équivalence pour intégrer véto en 2ème année. Comme la plupart de nos invités ayant fait leur cursus en Belgique 🥳, il parle d’ailleurs avec tendresse et nostalgie de ses années d’études. Conscient que ses problèmes de dos pourront entraver une carrière en rurale 🐮 ou en faune sauvage 🦅, il se tourne alors vers la canine. Après une année d’internat privé auprès de chiens, de chats et surtout de NAC, Guillaume ne souhaite pas s’enfermer dans une spécialisation plus poussée et se met en quête d’un premier rempla.

    Le projet initial était de faire des remplacements pendant 4-5 ans, pour découvrir différentes manières de travailler et aussi (et surtout !) pour voyager ✈️. Trouvant que ce système lui correspond bien, il reste finalement sur sa lancée : 14 années de rempla aux 4 coins de la planète 🌎, parfois pour quelques semaines, parfois pour plusieurs mois… D’ailleurs s’il devait définir son environnement de travail de prédilection, son choix irait, sans hésitation aucune, à la Nouvelle-Calédonie. C’est le COVID 😷 qui, indirectement, met fin à cette vie de véto globe-trotter. Rapatrié en urgence d’Amérique du Sud, le contraste avec la salle de consultation sans fenêtres, les longues nuits d’hiver et les restrictions sanitaires est brutal et sans appel. Il est temps pour Guillaume de se poser les bonnes questions.

    Un bilan de compétences lui ouvre des perspectives insoupçonnées de reconversion. Malgré la résonance de certains métiers notamment dans l’Environnement 🌳, il choisit de ne pas se relancer dans de longues études sans certitude de poste à la clé. Il préfère passer le concours avant la formation plutôt que l’inverse et se tourne donc (pas vraiment naturellement !) vers la Police scientifique. Carton plein pour le concours d’entrée ✍️ puisqu’il obtient le grade de technicien principal à la PTS, un succès synonyme d’affectation immédiate et de formation accélérée. 

    Propulsé à la tête d’une équipe de 6 agents sans avoir lui-même d’expérience sur le terrain, il découvre avec une légère fébrilité les contours de ses nouvelles responsabilités. Et le management est une heureuse surprise ! Au quotidien, pas de routine : impossible de prévoir ce qui va se passer dans la journée. Rechercher 🔍 indices et empreintes 🐾, préserver la scène délictuelle ou criminelle, procéder à des prélèvements… Guillaume et son équipe sont d’indispensables aides à l’enquête et contribuent à la résolution de nombreuses affaires. Il souligne d’ailleurs l’analogie avec la méthodologie vétérinaire

    👉 Fort de cette trépidante expérience multi-carrière, Guillaume ne peut que nous délivrer un message optimiste : rester soi-même et profiter de chaque opportunité ! Il ne nourrit d’ailleurs aucun regret sur son parcours. Vétérinaire 🩺 fait partie de son cheminement et cette formation lui a permis de s’épanouir pendant des années et d’acquérir des compétences transférables à de nombreux autres domaines, pour son plus grand plaisir encore aujourd’hui.


    🔗 Liens de l'épisode

    - https://www.linkedin.com/in/guillaume-autissier-ab0667134/  

    - https://www.facebook.com/guillaume.autissier.1 


    Création : Marine Slove - Production : TÉMAvet - Hôte : Sophie Wilford - Enregistrement : Sophie Wilford - Montage : Stéphanie Patiny - Textes : Annabelle Orszag - Musique : Chocolate Cookie Jam - An Jone